En Asie, manger n’est pas juste « se nourrir » : c’est souvent la façon la plus rapide de comprendre un pays. Tu peux visiter dix temples, mais c’est un bol de pho avalé sur un tabouret en plastique à Hanoï qui te raconte vraiment le quotidien. Pareil à Tokyo : tu crois connaître le sushi, puis tu goûtes un nigiri au poisson ultra frais, et tu piges instantanément ce que les Japonais veulent dire par précision. Le vrai truc, c’est que chaque destination a sa bande-son culinaire : le claquement des woks à Hong Kong, la vapeur des paniers de dim sum à Guangzhou, l’odeur de citronnelle et de piment quand un curry vert arrive sur la table à Bangkok. Et même quand tu ne parles pas la langue, tu sais lire une rue à ses parfums.
Le tourisme gastronomique a pris une ampleur énorme ces dernières années, et en 2026, il est devenu un motif de voyage assumé : on choisit un quartier pour ses stands, une ville pour son marché, une île pour un plat rituel. Oui, les vols ont augmenté (en moyenne autour de 15% sur plusieurs années selon les axes), mais l’Asie reste l’un des meilleurs rapports « claque gustative / budget ». Surtout si tu sais où aller : des hawker centers de Singapour aux marchés flottants thaïlandais, en passant par les repas chez l’habitant. Et comme fil rouge, imagine Lina, une amie un peu gourmande, un peu prudente : elle part avec une règle simple — si les locaux font la queue, tu fais la queue. Ce principe bête va lui offrir les meilleurs repas de son voyage. 🔥
- 🍜 Objectif numéro 1 : goûter les icônes locales (ex. ramen, pho, pad thaï) là où elles sont nées.
- 🧺 Les marchés sont tes meilleurs alliés pour comprendre ingrédients, saisons et habitudes de table.
- 🥟 Les techniques comptent autant que les recettes : vapeur (dim sum), wok, fermentation, grillades.
- 🌶️ Apprendre à gérer le piquant (et savoir dire « pas épicé ») change tout.
- 🍚 Les cuisines fusion et la haute gastronomie (Bangkok, Taipei, Singapour) réinventent les classiques sans les trahir.
- 🏠 Un repas chez l’habitant, c’est souvent le souvenir le plus net du voyage.
Les spécialités culinaires à tester en Asie : classiques incontournables par pays
Si tu veux te construire une « carte mentale » des saveurs asiatiques, commence par les plats qui servent de passeport culinaire. Lina fait ça dès la première semaine : elle se fixe un trio par pays, pas pour cocher une liste bêtement, mais pour capter le style local. Au Japon, par exemple, le duo sushi et ramen montre deux mondes : le premier est net, silencieux, presque cérémonial ; le second est bruyant, réconfortant, et totalement assumé dans son côté « je t’enlace l’estomac ». Et si tu passes par Kyoto, le kaiseki (repas dégustation ultra codifié) donne une autre leçon : saisonnalité, textures, et esthétique, sans en faire des tonnes.
En Thaïlande, la rue est une salle à manger géante. Le pad thaï est l’exemple parfait : nouilles de riz, tamarin, sauce de poisson, citron vert, cacahuètes… et cette manière de tout équilibrer. Ça paraît simple, mais la différence entre un pad thaï quelconque et un pad thaï mémorable, c’est le geste et la température du wok. Ensuite, Lina tombe sur un curry vert : plus herbacé que brûlant (si tu ajustes le piment), il te parle de lait de coco, de basilic thaï, de galanga et de cette fraîcheur qui vient casser le gras. Elle comprend un truc clé : en Thaïlande, on ne cherche pas une seule saveur, on cherche une chorégraphie. 🌿
Au Vietnam, c’est la fraîcheur qui mène la danse. Le pho n’est pas qu’une soupe : c’est un bouillon qui peut mijoter des heures, construit avec des épices (cannelle, anis étoilé…), puis réveillé à la fin par les herbes, le citron vert et parfois une sauce pimentée. Le matin, Lina voit des gens en costard manger un pho à 7h : normal, c’est un petit-déj sérieux là-bas. Et puis il y a le banh mi, mais surtout des plats comme le bun cha, qui montrent l’amour vietnamien pour les herbes et les contrastes chaud/froid.
En Corée du Sud, le plat qui réconcilie tout le monde, c’est le bibimbap : riz, légumes, œuf, parfois viande, et ce liant magique, souvent une sauce à base de gochujang. Là, Lina réalise que « mélanger » est un acte culturel : tu prends des éléments séparés, tu fais un tout cohérent. Et si tu ajoutes le Korean BBQ, tu ajoutes une dimension sociale : tu cuisines ensemble, tu partages, tu prends ton temps.
Pour l’Indonésie, impossible d’éviter le nasi goreng : riz sauté, souvent avec sauce soja sucrée (kecap manis), œuf, condiments, parfois poulet ou crevettes. Ce plat a un côté « maison » et pourtant tu le trouves partout, du petit warung au rooftop. Et si tu vas en Malaisie ou à Singapour, tu croises des cousins gastronomiques : nasi lemak, laksa, chicken rice… la région te montre que les frontières politiques ne sont pas des frontières de goût.
Dernier stop de cette section : la Chine des bouchées. Là, Lina découvre deux mondes proches mais pas identiques : le dim sum (culture yum cha, thé + paniers vapeur) et les baozi, ces brioches farcies qu’on mange sans cérémonie, parfois au petit matin. Elle note dans son carnet : « en Asie, un plat iconique n’est pas seulement bon, il est pratique, rituel ou partagé ». Et c’est exactement ce qui prépare le terrain pour comprendre les techniques derrière ces merveilles.

Voyage gustatif en Asie : techniques et gestes traditionnels qui changent tout
Tu peux avoir la meilleure liste de plats du monde, si tu ne comprends pas comment ils sont construits, tu passes à côté de la moitié du plaisir. Lina, elle, commence à remarquer les gestes. Au Japon, par exemple, le bouillon est une obsession. Le dashi (kombu + bonite séchée) est comme une bande-son : tu ne le vois pas toujours, mais sans lui, beaucoup de plats perdent leur profondeur. Quand elle commande un ramen à Tokyo, elle sent la différence entre un bouillon clair (shoyu, salé et élégant) et un tonkotsu plus épais et enveloppant. Elle comprend que l’umami n’est pas une mode, c’est une architecture.
À Hong Kong et dans la tradition cantonaise, le wok devient une arme. On parle du wok hei, ce fameux « souffle du wok » : une saveur légèrement fumée qui vient d’une cuisson à feu très vif, avec un timing millimétré. Lina regarde un cuisinier sauter des ingrédients sans pause : ce n’est pas juste « remuer », c’est contrôler la chaleur, l’huile, l’humidité des aliments. Résultat : texture parfaite, légumes croquants, viande tendre. Cette logique se retrouve dans plein de plats de rue et de resto, et c’est aussi ce qui rend certains sautés impossibles à reproduire à la maison sans brûleur puissant.
Ensuite, elle change totalement de registre : la vapeur, avec les dim sum à Guangzhou. La cuisson douce te donne un autre genre de précision. Un ravioli crevette (har gow) réussi, c’est une peau fine, presque translucide, qui ne se perce pas, avec une farce juteuse. Et l’expérience est aussi sociale : les paniers en bambou, le thé, le fait de choisir plusieurs bouchées. Ça force à ralentir. Même si tu as faim, tu ne peux pas avaler ça comme un sandwich.
À Séoul, Lina met le nez dans la fermentation. Le kimchi n’est pas juste un « accompagnement piquant », c’est une base identitaire. Selon les recettes, la durée, la saison, tu peux avoir un kimchi frais et croquant ou un kimchi plus mature, acidulé, presque profond comme un vin. Et la pâte de piment fermentée, le gochujang, explique pourquoi le bibimbap a ce goût rond et puissant : c’est sucré, salé, épicé, et ça colle juste comme il faut au riz. Là, Lina réalise un truc utile : beaucoup de cuisines asiatiques ne trichent pas avec des additifs, elles s’appuient sur des processus (mijotage, fermentation, séchage) pour construire le goût. 🧪
Puis, détour inattendu : la Mongolie. À Oulan-Bator, les techniques viennent du mode de vie nomade. Le khorkhog (viande cuite avec des pierres chaudes dans un récipient fermé) ressemble à un barbecue, mais sans grill classique. C’est rustique, logique, nourrissant. Lina ne mange pas ça tous les jours, mais elle aime l’idée : la cuisine répond à un environnement, pas à une tendance Instagram.
Et au final, quand elle retombe sur un simple pad thaï en Thaïlande, elle le lit autrement : ce n’est pas « des nouilles », c’est du wok, du timing, une sauce équilibrée, et un service ultra rapide (certains stands envoient des dizaines de portions à l’heure). La technique n’est pas un bonus : c’est la raison pour laquelle ton voyage a le goût qu’il a. Prochaine étape logique : là où tout commence, les marchés.
Pour te donner une vue rapide, voilà un repère pratique des plats et de ce qu’ils racontent :
| Destination 🌏 | Spécialité à tester 🍽️ | Ce que tu dois observer 👀 | Astuce terrain 💡 |
|---|---|---|---|
| Tokyo 🇯🇵 | sushi / ramen | Qualité du riz, coupe du poisson, profondeur du bouillon | Assieds-toi au comptoir si possible |
| Bangkok 🇹🇭 | pad thaï / curry vert | Équilibre sucré-salé-acide-épicé 🌶️ | Demande « mai pet » si tu crains le feu |
| Hanoï 🇻🇳 | pho | Clarté du bouillon, herbes fraîches | Teste-le au petit-déj, c’est la vraie vie |
| Guangzhou 🇨🇳 | dim sum / baozi | Cuisson vapeur, finesse des pâtes 🥟 | Commande plusieurs petites portions à partager |
| Séoul 🇰🇷 | bibimbap | Jeu des textures + sauce fermentée | Mélange vraiment tout, c’est le principe |
| Bali 🇮🇩 | nasi goreng | Riz sauté, condiments, notes sucrées-salées | Ajoute un sambal petit à petit 🔥 |
| Penang 🇲🇾 | satay | Marinade, cuisson grill, sauce cacahuète | Va tôt, les meilleurs stands partent vite |
Marchés, street food et ingrédients : où goûter l’Asie au plus près
Si tu veux comprendre une cuisine, arrête-toi dans ses marchés. Pas les marchés « touristiques propres », mais ceux où les gens achètent pour cuisiner le soir. Lina se fait une routine : elle visite un marché le matin, elle repère les ingrédients qu’elle ne connaît pas, et elle goûte un truc simple sur place. Ce geste la connecte direct à la réalité : les saisons, les prix, les habitudes. Et surtout, elle voit comment les plats qu’elle adore sont ancrés dans une économie de proximité, parfois ultra ancienne.
En Thaïlande, l’exemple le plus photogénique reste le marché flottant de Damnoen Saduak. Oui, c’est populaire, mais si tu arrives tôt, tu vois encore la logique : des barques chargées de fruits, de légumes, de snacks. Le meilleur moment, c’est quand une vendeuse prépare une salade de papaye verte au pilon, devant toi. L’odeur du citron vert, les piments, les cacahuètes… tu comprends l’équilibre thaïlandais sans même t’asseoir à table. Et si tu montes au nord, à Chiang Mai, le Warorot Market est un délire d’herbes et d’épices : piments séchés, feuilles de combava, citronnelle, mélanges de curry. Lina achète un petit sachet d’épices « maison » et remarque que chaque vendeur a sa version, comme une signature.
À Tokyo, il y a un truc que beaucoup ratent : même si le marché aux poissons a déménagé à Toyosu, le Tsukiji Outer Market reste un terrain de jeu incroyable. Lina y goûte un bol de riz avec poissons crus (style kaisendon) et une omelette roulée sucrée-salée (tamagoyaki) achetée à la tranche. Là, tu vois la culture japonaise du produit : algues, couteaux, bouillons, pickles, tout est pensé. Et ça te remet les idées en place : un bon sushi commence avant le restaurant, au choix du poisson et à la gestion de la fraîcheur.
Au Vietnam, la street food n’est pas un « bonus », c’est souvent la norme. Dans les ruelles de Hanoï, Lina repère un stand de pho avec de la vapeur partout. Le bouillon est prêt, les bols s’enchaînent, et chacun ajuste : citron, herbes, piment. Elle apprend vite à observer : si la garniture d’herbes est abondante et bien fraîche, c’est bon signe. Ensuite, elle fait la même chose avec les sandwichs, mais elle ne cherche pas « le plus célèbre », elle cherche le plus cohérent : baguette chaude, pickles croquants, viande bien assaisonnée. Résultat : un repas simple, mais parfait.
Et puis il y a Singapour, le cheat code du voyage gourmand. Les hawker centers te permettent de manger plein de cuisines dans un rayon de 20 mètres : influences chinoises, malaises, indiennes, et même des adaptations plus occidentales. Ce qui est fou, c’est que certains stands ont été distingués à des niveaux très prestigieux, tout en gardant des prix accessibles. Lina s’assoit, commande un plat, puis un autre, et finit par un toast à la confiture de coco-œufs (kaya toast) au petit-déjeuner. Elle note : « ici, la variété n’est pas un piège, c’est une culture ».
Pour varier, elle teste aussi le satay (brochettes grillées) dans une ambiance de marché nocturne : odeur de charbon, marinade, sauce cacahuète, tout est dans le contraste. Et le plus intéressant : tu vois la cuisine comme un spectacle, un flux, une logistique. Le marché n’est pas juste un endroit où acheter : c’est une scène où se fabrique le goût collectif. Et quand tu comprends ça, tu es prêt pour le niveau au-dessus : les expériences immersives.
Expériences culinaires immersives en Asie : cours de cuisine, repas chez l’habitant et rituels
Manger un plat, c’est cool. Le cuisiner avec quelqu’un du coin, ça change la mémoire que tu en gardes. Lina le découvre à Hoi An, où elle suit un atelier : visite du marché d’abord, puis cuisine. Le chef lui fait sentir les herbes une par une, lui explique comment doser le piment sans tuer le reste, et surtout comment gérer la poêle pour une crêpe vietnamienne croustillante. Elle repart avec un réflexe simple : en Asie, beaucoup de recettes reposent sur un équilibre plus que sur une quantité exacte. Tu goûtes, tu ajustes, tu recommences.
À Bali, elle fait un autre cours centré sur les condiments et les sauces, dont le fameux sambal. Là, elle comprend pourquoi son nasi goreng préféré avait ce petit « truc » : un mélange de piments, d’ail, d’acidité, parfois une note sucrée, et surtout une cuisson qui « arrondit » le feu. L’idée, ce n’est pas de faire mal, c’est de rendre le plat vivant. Elle retente chez elle plus tard, et se rend compte que l’ingrédient le plus difficile à reproduire, ce n’est pas le piment : c’est le contexte, l’air chaud, la friture minute, le rythme.
Les visites de producteurs font aussi une énorme différence. Dans des rizières en terrasses, tu vois que le riz n’est pas juste un accompagnement : c’est un pilier culturel. Dans une plantation de thé, tu comprends pourquoi certaines infusions ont des notes florales, pourquoi d’autres sont plus torréfiées. Et quand tu reviens manger, tu lis ton assiette autrement. Même un simple bol de riz avec un plat épicé a une histoire derrière.
Le gros game changer, c’est le repas chez l’habitant. Au Japon, dans une pension familiale, Lina mange un dîner simple : poissons grillés, légumes, bouillon, pickles. Rien d’extravagant, mais tout est à sa place. Elle se rend compte que la cuisine japonaise, ce n’est pas uniquement le sushi de luxe : c’est aussi une manière d’organiser le repas. En Corée, elle passe une soirée dans une maison traditionnelle : plein de petites assiettes, des légumes fermentés, une soupe, du riz. Et l’effet est immédiat : tu comprends comment le bibimbap s’inscrit dans une table qui aime la variété.
Et oui, il y a aussi des expériences plus « waouh ». Dans certaines villes, tu peux faire des food tours ultra ciblés : uniquement les nouilles, uniquement les desserts, uniquement les grillades. Lina fait un tour « vapeur & brioches » : elle compare baozi (brioches farcies) et bouchées plus fines type dim sum. Elle apprend à reconnaître une pâte trop épaisse, une farce trop sèche, un assaisonnement qui manque de gingembre ou de sauce soja. Ça paraît technique, mais en vrai, ça te donne un pouvoir : tu sais choisir mieux, plus vite.
Si tu veux un conseil concret, garde une journée « sans plan ». Tu te balades, tu t’arrêtes quand ça sent bon, tu demandes ce que les gens recommandent, tu goûtes un truc que tu ne connais pas. Le voyage culinaire, c’est aussi accepter une part de surprise contrôlée. Et justement, la surprise la plus intéressante, c’est quand les traditions religieuses entrent dans l’assiette : ça change les ingrédients, les règles, et parfois même le sens du repas.
Spécialités asiatiques et traditions religieuses : végétarien bouddhiste, halal, et tables sacrées
En Asie, la religion n’est pas un sujet « à côté » : elle influence directement ce que tu manges, quand tu le manges, et comment tu le partages. Lina s’en rend compte à Kyoto, en testant la cuisine bouddhiste des temples, le shojin ryori. Le principe est simple sur le papier : pas de viande, pas de poisson, et même pas certains aromates comme l’ail ou l’oignon. Mais dans l’assiette, c’est tout sauf triste. C’est une cuisine d’équilibre, de texture, de saison, avec une attention folle à la présentation. Un plat comme le goma-dofu (tofu de sésame) a une texture crémeuse et un goût subtil, presque méditatif. Et là, tu comprends : le but n’est pas de « remplacer » la viande, c’est de célébrer le végétal comme une finalité.
Ce qui est intéressant, c’est la logique des « cinq couleurs » et des « cinq saveurs » souvent recherchées : ce n’est pas une règle rigide, mais une boussole. Lina voit arriver plusieurs petites assiettes : du vert, du jaune, du blanc, des notes salées, douces, acides… Tout est dosé pour que tu ressortes léger, pas assommé. C’est une autre vision du plaisir : moins spectaculaire, plus durable. Et si tu te demandes si ça peut parler à quelqu’un qui adore le ramen bien gras, la réponse est oui, parce que ça repose sur la même obsession japonaise : faire beaucoup avec peu, mais le faire parfaitement.
En Malaisie, autre cadre : la cuisine halal, omniprésente dans beaucoup d’endroits. Là, Lina goûte un nasi lemak : riz cuit au lait de coco, accompagnements (anchois frits, cacahuètes, concombre, œuf), et souvent un curry. C’est simple, mais très structuré. Puis elle teste le rendang, cette viande mijotée longtemps avec lait de coco et épices. Ce plat est souvent associé aux fêtes, et on comprend pourquoi : c’est riche, parfumé, et ça demande du temps. La lenteur devient une forme de respect : respect du produit, de la tradition, du moment partagé.
En Inde, à Varanasi, Lina vit un autre rapport au végétarisme, lié à l’ahimsa (non-violence). Elle mange un thali : plusieurs petits plats servis ensemble, avec lentilles, légumes, riz, pains, yaourt, dessert. Ce n’est pas juste « varié », c’est pensé comme un équilibre inspiré des principes ayurvédiques. Elle observe un effet concret : tu as de la satisfaction sans avoir la lourdeur d’un repas trop carné. Et quand tu as en tête les currys puissants de Chennai (sud de l’Inde), tu comprends que végétarien ne veut pas dire fade, ça veut souvent dire épices mieux travaillées.
Cette section est aussi un bon rappel pratique pour le voyageur : les pratiques religieuses influencent les menus, mais aussi les horaires, les jours de fermeture, les zones où l’alcool est discret, ou les options de viande disponibles. Ça ne complique pas le voyage, au contraire, ça te donne des repères. Tu sais pourquoi un quartier est fort en restos halal, pourquoi certains temples offrent des repas végétariens incroyables, pourquoi telle ville a une culture de la nourriture de rue sans porc, etc.
Et le twist, c’est qu’en 2026, ces traditions ne sont pas figées : elles dialoguent avec la modernité. Les chefs s’en inspirent, les revisitent, et parfois les exportent. C’est exactement ce qui nous amène au dernier grand angle : l’Asie qui innove, qui fusionne, et qui met des étoiles dans l’assiette.
Gastronomie asiatique contemporaine : fusion, Michelin et nouvelles tendances à goûter en voyage
L’Asie ne se contente pas de protéger ses traditions : elle les transforme. Et ce qui est excitant, c’est que la modernité ne veut pas forcément dire « trahir ». Lina le constate à Bangkok : la ville est devenue un vrai terrain de jeu gastronomique, avec des tables qui réinterprètent les classiques. Tu peux manger un curry revisité, servi de manière ultra fine, mais construit sur les mêmes bases aromatiques que dans la rue. C’est ce dialogue qui rend la scène intéressante : tu reconnais les saveurs, mais tu les redécouvres.
Bangkok, justement, a vu émerger des restaurants qui ont poussé la cuisine thaïlandaise dans une direction plus « dégustation », en mettant l’accent sur les ingrédients locaux, les producteurs, et les techniques contemporaines. L’époque où la haute gastronomie était forcément « occidentale » est terminée. Maintenant, tu peux avoir une assiette moderne qui respecte les codes thaïs : l’équilibre, les herbes, le piment, la fraîcheur. Et si tu alternes avec la street food, tu comprends mieux les deux. Ce n’est pas un combat, c’est un spectre.
À Taipei, l’innovation est souvent plus technique. La cuisine dite « moléculaire » y sert à jouer sur les textures, les fumages, les cuissons précises. Lina goûte un plat où le fumé arrive sans lourdeur, où la viande est cuite à une température tellement contrôlée qu’elle est presque soyeuse. Est-ce que ça remplace un bol de nouilles de nuit ? Non. Est-ce que ça te fait voir autrement une cuisine locale ? Oui, carrément. Et c’est ça le vrai intérêt : l’innovation n’est pas là pour faire joli, mais pour amplifier une identité.
Singapour reste le meilleur exemple de « haut-bas » qui cohabite. Tu peux manger dans un hawker center, puis réserver une table plus ambitieuse le soir, sans changer de vocabulaire gustatif : épices, sauces, bouillons, grillades. Lina adore cette continuité. Elle goûte un satay dans un stand populaire, puis retrouve les mêmes notes (cacahuète, grill, sucre) dans une assiette plus travaillée ailleurs. Ça prouve que les fondamentaux sont solides.
Et puis il y a les fusions qui dépassent l’Asie géographiquement, comme le Nikkei au Pérou (influence japonaise + produits péruviens). Pourquoi en parler dans un voyage « en Asie » ? Parce que ça montre l’impact mondial des techniques asiatiques. Le sashimi devient tiradito, l’umami rencontre le piment et le citron vert. Ça te rappelle que la cuisine voyage avec les gens, les migrations, les échanges. Quand Lina rentre, elle voit son restaurant de quartier autrement : il fait partie d’une chaîne mondiale d’influences.
Dans ce contexte, les plats iconiques restent les boussoles. Le sushi continue d’être un standard de précision. Le ramen inspire des chefs partout. Le pad thaï reste un test de maîtrise du wok. Le pho demeure un étalon de bouillon équilibré. Les dim sum et les baozi rappellent que la gourmandise tient souvent dans une bouchée. Et le nasi goreng prouve que le « plat de tous les jours » peut devenir un emblème mondial.
Au fond, le voyage culinaire en Asie en 2026, c’est ça : tu passes de la rue au gastronomique, du temple au marché, du rituel à l’innovation, sans jamais perdre le fil. Et ce fil, c’est le goût, mais aussi le geste, le contexte et les gens.
Je dois goûter quoi en priorité si je n’ai que 7 jours en Asie ?
Va à l’essentiel : un bol de pho au Vietnam, un pad thaï en Thaïlande, un ramen au Japon, un bibimbap en Corée, et une session dim sum (ou des baozi) dans une grande ville chinoise. L’idée, c’est de couvrir bouillon, wok, fermentation et vapeur en une semaine, avec 1 à 2 marchés pour comprendre les ingrédients.
Comment gérer le piment sans ruiner les repas (et le voyage) ?
Demande une version moins épicée (en Thaïlande, “mai pet”), ajoute les condiments petit à petit, et privilégie les plats où l’acidité (citron vert) et les herbes équilibrent le feu. Emporte aussi un yaourt à boire ou du lait si tu sais que tu es sensible : ça aide plus que l’eau.
Street food : c’est safe ou pas ?
Globalement oui si tu appliques 3 règles simples : choisis un stand avec file de locaux, privilégie ce qui est cuit minute (wok, grill, vapeur), et évite les aliments restés tièdes longtemps. Les marchés très fréquentés ont souvent un meilleur turnover, donc des produits plus frais.
Quelle différence entre dim sum et baozi ?
Les dim sum sont un ensemble de petites bouchées (souvent vapeur) servies dans le cadre du yum cha, avec du thé et un esprit de partage. Les baozi sont des brioches farcies, plus “snack” et généralement plus volumineuses. Les deux se ressemblent visuellement, mais l’usage et la pâte sont souvent différents.
Je suis végétarien : quels pays asiatiques sont les plus simples ?
L’Inde (surtout certaines villes et régions) est très friendly, et la cuisine bouddhiste au Japon (shojin ryori) est une super expérience. En Thaïlande et au Vietnam, c’est faisable mais il faut préciser l’absence de sauce de poisson ou de bouillon de viande. Dans tous les cas, les marchés t’aident à repérer tofu, légumes, herbes et plats adaptés.



